Candide ou l’optimisme (Voltaire)

Présentation de l’éditeur

candide de voltaireCandide ou l’optimisme

On aperçut enfin les côtes de France. « Avez-vous jamais été en France, monsieur Martin? dit Candide.- Oui, dit Martin, j’ai parcouru plusieurs provinces. Il y en a où la moitié des habitants est folle, quelques-unes où l’on est trop rusé, d’autres où l’on est communément assez doux et assez bête, d’autres où l’on fait le bel esprit ; et dans toutes, la principale occupation est l’amour, la seconde de médire, et la troisième de dire des sottises. – Mais, monsieur Martin, avez-vous vu Paris ? »

François Marie Arouet, dit Voltaire, est un écrivain et philosophe français. Il est admis à l’Académie française en 1746.

La fécondité et la variété de sa production littéraire sont à la mesure de la plénitude de son existence : poète (Le Mondain, 1736), dramaturge (Zaïre, 1732), historien (Le Siècle de Louis XIV, 1751), il fut aussi un pamphlétaire redouté (Le Pauvre Diable, 1758) et un avocat pathétique (Traité sur la Tolérance, 1763). Mais la postérité, à juste titre, a surtout retenu de lui le brio de ses réflexions philosophiques (Lettres philosophiques, 1734 ; Le Dictionnaire philosophique, 1764) et le charme de ses contes (Zadig, 1747 ; Micromégas, 1752 ; Candide, 1759 ; L’Ingénu, 1767).

Candide : résumé rapide

Candide ou l’optimisme est une œuvre philosophique écrite par François Marie Arouet, d’abord sous anonymat, puis sous son pseudonyme bien connu, Voltaire, en 1761. L’œuvre retrace avec humour la vie d’un jeune homme nommé Candide, qui verra ses idéaux se métamorphoser à travers une série d’aventures palpitantes. Candide, loin de porter son nom par hasard, apprendra à changer sa manière de voir les choses et deviendra à la fin de l’œuvre, un sage.

Même si l’ouvrage date du 18e siècle, il reste actuel quant à l’histoire qu’il propose et la solution définitive offerte par son personnage principal à la fin, à savoir : « il faut cultiver notre jardin. »

Voltaire : de la philosophie sans le style philosophique

« Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder−ten−tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. »

L’œuvre de Voltaire débute par ces mots. Vous penserez peut-être qu’il s’agit de la phrase introductive d’une pièce de théâtre ou, à la rigueur, du début d’un récit humoristique. Pourtant, il s’agit bien d’un roman philosophique. C’est la première précision qui touche le lecteur de Candide. Il ne s’agit pas d’un document de philosophie comme il en a l’habitude.

Ne vous attendez pas à une histoire pompeuse, ni à des théories difficiles à comprendre ou à un manuel ultra-pédagogique traitant de notions oubliées. Il s’agit plutôt d’une œuvre mêlant contes et humour, avec des situations finement décrites pour plonger le lecteur au cœur d’une succession d’intrigues sans interruption.

Pourtant, il s’agit toujours d’une œuvre philosophique. Voltaire, écrivain des lumières, utilise dans ce roman tout son talent de narrateur pour aider le lecteur, quelques fois avec beaucoup d’humour, souvent noir, à comprendre les principes théoriques de la philosophie optimiste de Leibniz. C’est en cela que le style d’écriture de l’œuvre est singulier.

Un fond de narration parodique

C’est avec ce style d’écriture mêlant humour et philosophie que l’auteur passe en revue, dans un monde fabuleux, les aventures de Candide. Ce jeune homme, dont la naïveté est grande, vous le verrez, traversera des mondes imaginaires, pourtant très réalistes, bien que parfois mythiques.
Voltaire vous fera voyager avec Candide et ses compagnons dans une Europe du 18e siècle, vers les Amériques et l’Afrique, avant de vous ramener à Constantinople. Souvent, vous vous sentirez transporté dans un monde entièrement créé par l’imagination de l’auteur. Vous traverserez l’histoire du monde, selon un cheminement aussi bien territorial que temporel.

« Le pays était cultivé pour le plaisir comme pour le besoin ; partout l’utile était agréable. »

Vous rencontrerez dans votre voyage des mythes et légendes, comme le fameux Eldorado, le monde idéal. Malgré de nombreux écarts, vous reviendrez dans un monde réel. Notez aussi que plusieurs clins d’œil sont faits à des personnages qui ont réellement existé et que l’auteur a croisés, aussi bien heureusement qu’inopportunément. Ce fut le cas de l’abbé Gabriel Gauchat, sommairement mentionné dans l’œuvre, ou d’Élie Fréron, adversaire de Voltaire, évoqué en tant que gros cochon.

Les cultures d’autres temps y sont aussi décrites. Vous prendrez part à des autodafés, pratiques anciennes par lesquelles des hérétiques devaient faire acte de foi. Vous prendrez part au cannibalisme, à la barbarie et à plusieurs actes de tortures qui n’existent fort heureusement plus. Un petit effort de mémoire vous sera dès lors demandé, malgré la légèreté des exhortations.

Candide ou la rencontre entre plusieurs modes de pensée

Évidemment, malgré son apparente légèreté, l’œuvre de Voltaire reste philosophique. L’objectif pédagogique de l’auteur est sans doute de nous faire comprendre les dissemblances entre les différentes manières de chacun d’appréhender ce qui lui arrive, involontairement. Le parcours du lecteur croise principalement l’optimisme de Leibniz, le pessimisme et plusieurs autres idéologies et courants de pensée.

« Qu’est-ce qu’optimisme ? disait Cacambo. Hélas ! dit Candide, c’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. »

Pour l’optimisme, représenté par le précepteur Pangloss dans l’œuvre, tout ce qui arrive est bien. Il n’y a pas d’effet sans cause. Ce courant de pensée a bien sûr été présenté de manière particulièrement parodique. L’auteur s’est évertué à en grossir les traits et à vous présenter un professeur qui se refuse à tout changement d’idée, malgré toutes les leçons contraires que lui inflige l’expérience.

Pour le pessimisme, représenté dans l’œuvre par le philosophe manichéen Martin, tout est mal. En réalité, les pensées de Martin se mêlent au manichéisme de Manès. Il choisit alors de croire que tout va mal, en optant toutefois pour l’éventualité de l’existence du bien.

« Il y a pourtant du bon, répliquait Candide. Cela peut être, disait Martin, mais je ne le connais pas. »

Une promenade vers une conclusion instructive

La promenade du lecteur ne se limite pas à la guerre entre l’optimisme et le pessimisme. D’ailleurs, vous verrez que ces deux courants sont à peine représentés et sont dépassés. L’histoire hors de la philosophie est une négation des idées fixes et une quête idyllique d’un cœur amoureux. Loin de sa quête philosophique, Candide n’est qu’un jeune homme que l’amour a trahi.

Chassé à cause de son amour pour la jeune Cunégonde, il a vécu plusieurs aventures grâce auxquelles il a pu expérimenter ses conceptions sur la vie. Grâce à sa naïveté, prêt à tout croire, il a été à même de changer de pensée, de se laisser pénétrer par ses diverses expériences et enfin de se former lui-même à l’école de la vie. Seul le travail importera pour lui en réalité.

« Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. »

En lisant ce livre, vous vous laisserez mener vous aussi dans les raisonnements de Candide, de tous ceux qu’il a rencontrés, les malheurs qu’il a subits et l’esprit de discernement qu’il a acquis. Cette œuvre fait l’apologie du travail, et souhaite la fin des discours métaphysiques inutiles. Il aurait sans doute pu s’appeler « Candide, de l’optimisme à la sagesse pratique. »

Conclusion

« Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

C’est ainsi que s’achève le voyage proposé par Voltaire dans cette œuvre divertissante et pourtant philosophique qu’est Candide. Vous trouverez sans doute des commentaires négatifs sur le roman. Pourtant, il vous suffira de le débuter pour ne plus vous en séparer. Lisez-le ! Laissez-vous transporter et vous apprécierez les voyages que vous propose l’auteur.

Une exhortation toutefois, n’oubliez pas de le relire souvent, car, comme l’a dit Voltaire, « En lisant pour la première fois un bon livre, on doit éprouver le même plaisir que si l’on se faisait un nouvel ami : relire un livre qu’on a lu, c’est un ancien ami qu’on revoit. »

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