Magazine des Livres

Bonjour Tristesse (Françoise Sagan)

Dans le poème de Paul Eluard auquel le Bonjour tristesse de Françoise Sagan doit son titre, cette tristesse surgit « comme un monstre sans corps », une « tête désappointée ». Son mode d’apparition est ici le même, par l’entremise d’une éphémère belle-mère trop cérébrale, une « entité » sans vie sensible, qui arrache la jeune Cécile et son père à leur quotidien insouciant d’éternels vacanciers.

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La tirade des « non merci » dans Cyrano de Bergerac

Après avoir dû renoncer à son amour pour Roxane au début de l’acte II, ayant appris qu’elle en aimait un autre, Cyrano retrouve ses amis chez le rôtisseur Ragueneau. De Guiche, impressionné par ses exploits de la veille, entre et lui propose de l’introduire auprès d’une personne influente qui pourra l’aider à accéder au succès. Mais Cyrano refuse catégoriquement et provoque fièrement De Guiche, comme il sait si bien le faire. Lorsque son ami Le Bret lui reproche ce goût infatigable pour l’exagération et l’insolence, toujours au mépris du danger et de la raison, le poète gascon lui adresse sa tirade.

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Le Secret des tranchées (Thomas H. Cook)

Que veut cet homme qui impose sa présence et laisse le malaise s’installer sans dévoiler ses intentions ? La conversation révèle une proximité entre les deux personnages, qui ont tous les deux grandi à Linz et fréquenté le lycée de la Realshule à la même époque. Mais le rapprochement tourne court, car les itinéraires empruntés par l’un et l’autre n’ont guère de points communs.

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Dernier tramway pour les Champs-Élysées (James Lee Burke)

Ce treizième épisode des travaux de Dave, qui n’ont rien à envier à ceux d’Hercule, est certainement le plus empreint de mélancolie, un sentiment qui sied parfaitement à la plume de Burke. L’auteur de Dans la Brume électrique s’est imposé livre après livre comme une référence du roman noir et cet opus, puissant et maîtrisé, s’inscrit dans le sens de cette ascension.

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L’homme qui marchait sur la Lune (Howard McCord)

Dans la caste des meurtriers, il y a les guerriers et les assassins, les romantiques qui se battent bruyamment pour un idéal et les exécutants de l’ombre qui accomplissent leur tâche avec froideur. William Gasper est résolument et consciemment un assassin, « de caractère comme de profession » et il fait de son récit « un cours pour apprenti assassin ».

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enfer barbusse

L’Enfer (Henri Barbusse)

Dans ce roman ambitieux, Henri Barbusse imagine un dispositif fictionnel qui place son narrateur dans une position jouissive de vision à distance. Il anticipe ainsi l’expérience de la télé-réalité et offre un cadre d’observation des effets de la télé-vision sur le sujet moderne. Addiction, tyrannie du moi, pouvoir-être défaillant, pulsions destructrices : tout est posé dans ce roman de 1908.

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Gustave Flaubert

L’Éducation sentimentale (Gustave Flaubert)

Une seule lecture ne suffit pas pour comprendre toute l’étendue du génie que contient ce roman de l’auteur français. Fin, élégant, empreint d’un romantisme froid, d’une grande profondeur, mais surtout d’un grand humanisme, ce livre doit s’apprécier à la fois comme un document historique, un essai psychologique, une critique sociétale et un poème amoureux.

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comédie humaine

Le Père Goriot (Balzac)

Roman majeur de sa « Comédie humaine », Honoré de Balzac signe avec Le père Goriot un drame dont le tragique est doublement saisissant grâce à son réalisme objectif et froid. Dans un seul et même lieu, cette sordide pension dont il fait le nœud de son intrigue, Honoré de Balzac nous ouvre les yeux sur les dégradations que peut opérer sur nous la société et nous invite, à agir à la fois avec l’intelligence d’Eugène de Rastignac, l’élévation spirituelle du père Goriot, et le recul lucide de Vautrin.

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Kateb Yacine

Nedjma (Kateb Yacine)

« Nedjma » de Kateb Yacine reste à ce jour un texte inégalé dans la littérature maghrébine. Apprécié et étudié dans toutes les universités prestigieuses du monde contemporain, ce roman au contenu inépuisable ne cesse de fasciner et de susciter moult débats passionnants et passionnés, plus particulièrement dans les sociétés opprimées qui trouvent à travers les lignes de l’écrivain algérien autant de métaphores faisant écho à leurs combats pour un avenir meilleur.

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albert camus noces

Noces, suivi de l’Été (Albert Camus)

Ces essais sont en réalité des récits lyriques au sein desquels l’auteur français pose les bases de sa pensée philosophique et de son style littéraire. C’est une œuvre de jeunesse qui brille par sa fougue dionysiaque, sa santé nietzschéenne, son lyrisme maîtrisé et sa justesse littéraire. C’est le cri silencieux d’un jeune auteur en herbe qui nous prouve ici toute l’étendue de son talent intemporel, à l’image d’un soleil qui ne s’éteint jamais.

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hajar bali

Trop Tard (Hajar Bali)

Avec un sens aigu de la dérision, une approche où se mêle humour, poésie, lyrisme et tendresse, qui n’empêchent pas une certaine dureté et froideur, Hajar Bali nous livre dans ce recueil neufs histoires finement écrites, qui racontent l’Algérie d’aujourd’hui, se déployant à l’ombre de celle d’avant. Une lecture qui se savoure comme un café amer, et dont chaque gorgée procure une sensation singulière et unique.

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hermann hesse

Narcisse et Goldmund (Hermann Hesse)

Reprenant les codes qui lui sont si chers, ceux de la difficulté d’être, du rapport à soi et au monde, Herman Hesse livre avec poésie et beaucoup de finesse un témoignage d’une remarquable qualité littéraire. Dans cette œuvre intemporelle qui se lit d’une traite, Il nous confirme encore une fois qu’il est le maître incontesté et incontestable du roman initiatique. Le livre du prix Nobel de littérature est un hymne à la liberté d’être, et à la jouissance de la vie dans toute sa sensuelle bestialité.

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Samir Toumi

L’Effacement (Samir Toumi)

Ce roman est un cri étouffé par le voile épais d’un passé lourd. Une plainte effacée par les obus des bombes et l’éclat des fusils d’une guerre qui pèse lourd et dont le sens échappe à la génération actuelle. C’est l’histoire de l’Algérie d’hier à l’ombre de laquelle se déploie l’Algérie d’aujourd’hui, racontée dans un roman fin, juste et qui brille par sa simplicité.

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Joe Meno

Le blues de La Harpie (Joe Meno)

Joe Meno, en usant de symboles très forts, dépeint une société déliquescente dont les héros du roman ne sont que l’incarnation. Cela se traduit au fil des pages par de nombreuses scènes de violence gratuite, la culpabilité qui ronge chaque protagoniste mais aussi la folie incarnée notamment par Lady Saint-François qui vit au milieu d’animaux morts et Fiona sur laquelle les oiseaux construisent leurs nids…

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Robert Musil Torless

Les Désarrois de l’élève Törless (Robert Musil)

Dans ce roman raconté à la troisième personne, qui n’est pas sans rappeler « Demian » ou « Les loups des steppes » de Herman Hess, nous suivons la quête initiatique d’un jeune adolescent timoré dans une école privé militaire où ses parents l’envoient poursuivre ses études. Dés la première page, la rigueur allemande qui suinte du style de Musil nous saute à la gorge.

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Nos richesses (Seuil)

Nos richesses (Kaouther Adimi)

L’approche de l’auteur est aussi simple qu’efficace : inventer un journal intime à Edmond Charlot et y relater les épisodes qui l’ont conduit à la création de sa librairie, de ses joies et de ses chagrins, mais aussi des échanges qu’il a eus avec les écrivains de l’époque, dont le tout jeune et anonyme Albert Camus, de ses déboires financiers et des ses amourettes algéroises.

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Meursault

L’Étranger (Albert Camus)

En seulement 123 pages, Albert Camus signe avec L’étranger un roman simple mais puissant, qui questionne la société au sein de laquelle nous évoluons et le rapport que nous entretenons avec les autres. C’est un conte philosophique sur l’absurdité des hommes et des sociétés modernes qu’il est indispensable de lire, plus particulièrement à l’aube de ce XXIe siècle.

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kamel daoud meursault contre enquete

Meursault, contre-enquête (Kamel Daoud)

70 ans après la parution de « L’Etranger », le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud se penche de nouveau sur le livre du prix Nobel de littérature et nous en propose une relecture dans son tout premier roman, « Meursault contre-enquête ». Entre jeu de miroir et quête d’identité, plongez dans ce roman singulier qui redonne un nom à « l’Arabe » anonyme tué par Meursault et par extension à toute une nation qui se cherche encore dans l’ombre de la colonisation française, 56 ans après son indépendance.

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jude deveraux

La saga des Montgomery – Tome 1 : Les yeux de velours (Jude Deveraux)

Une belle entrée en la matière pour la Saga des Montgomery ! L’histoire se passe en Angleterre, en 1501, époque à laquelle on ne se mariait pas par amour, mais pour tisser et renforcer des liens avec d’autres clans, pour étendre pouvoir, richesse et territoire. C’est ainsi que l’aîné des Montgomery choisit d’épouser Judith, fille unique des Revedoune. Et ce, sachant très bien qu’il en aime une autre : Alice Chatworth.

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